Edito de juillet 2018 – Le repos et les vacances

« Jésus leur dit : Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. » Marc 6, 31
Dans le récit de Marc, il y a beaucoup d’agitation. On marche, on enseigne, on prend soin des malades. Il y a tellement d’allées et venues que Jésus propose à ses disciples de se retirer dans le désert. Et c’est là que vient la parole qui sera au cœur du message : « Reposez-vous ». Cette parole est tout à fait de cir­constance à l’aube de l’été. Mais que signi­fie cette phrase de Jésus ?
Le repos ce n’est pas simple­ment la cessation de toute activité. Pour beaucoup d’entre nous, c’est parfois un changement d’activité, comme on change de lieu. Le repos, c’est une dimension de la vie, qui nous est nécessaire et qui n’est pas exclusivement réservée à l’été. Or, nous devons savoir privilégier cette di­mension tout au long de notre existence, c’est un peu comme une respiration. Et c’est pourquoi le Christ le dit à ses dis­ciples qui rentrent de mission, de savoir se reposer. Bien sûr, les hommes sont tou­jours inquiets, ils ont peur de s’ennuyer, alors ils cherchent tous les moyens pour se distraire. Ils sont aussi soumis parfois à un hyper activisme. Ce qu’il y a d’étonnant c’est que beaucoup de nos contem­porains et nous-mêmes avons souvent le sentiment de manquer de temps. On n’a pas assez de temps ! Et il en est de même pour les retraités, leurs vies sont surchar­gées, au point parfois de regretter la vie active. Le fait que les uns et les autres n’ayons pas assez de temps se comprend parce que dans notre vie de tous les jours, nous avons beaucoup de choses à faire.
C’est dans ce contexte que la pa­role de Jésus tombe : « Reposez-vous ! » Et elle tombe bien… Alors, se reposer… de quoi s’agit-il ? C’est d’abord avoir l’occasion de refaire ses forces et se détendre. Beau­coup d’occupations annexes qui nous en­combrent cessent pendant les vacances parce que l’on quitte son rythme habituel de vie. C’est un temps considéré avec raison comme un temps de désencombrement. C’est l’occasion de privilégier le moyen d’être plus proche de ses proches. Prendre un temps les uns pour les autres, c’est aussi prévoir du temps pour être disponible pour écouter, pour ne pas arriver au but avant de s’être mis en route.
Pour cet été, j’aimerais vous laisser une image. Dans Le Petit Prince, Saint-Exupéry raconte cette histoire d’un savant qui avait inventé une pilule qui faisait dispa­raître la soif. Alors, le Petit Prince s’adresse au savant et lui dit : « quel avantage voyez-vous à user de votre pilule ? ». Et le savant lui répond : « Cela vous fait gagner trois quarts d’heure par jour ». Et, vous connais­sez la réponse du Petit Prince : « Si j’avais trois quarts d’heure, j’irais lentement vers la fontaine ». Eh bien, le temps des vacances c’est aller vers la fontaine, la fontaine des sentiments, la fontaine du jardin intérieur, de ces contrées mystérieuses qui nous habi­tent et que nous pouvons revisiter. Et puis le temps de vacances permet aussi d’aller vers la fontaine vivante de Celui qui nous dit : « Venez vers moi, les assoiffés, je vous donnerai l’eau vive qui vous désaltère », « Je serai avec vous tous les jours. »
Pasteur Isabelle Hervé