LE NOTRE PERE, MODELE DE PRIERE (8)

 

              Notre Père qui es aux cieux…

… donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour…

 

Cette première demande à l’adresse des femmes et des hommes, nous apparaît étrangement au cœur des fêtes de Noël ; pourrait-on, juste en ce moment, dévoiler notre égoïsme pour espérer de Dieu qu’il se transforme pour un temps en Père Noël, afin qu’il nous distribue, pour de bons motifs, nos récompenses annuelles ? La tentation est grande mais ce serait ignorer la fin de l’histoire ! Le Père Noël passe, alors que Dieu reste ! Ecartons donc, et de bon cœur, cette hypothèse hautement matérialiste qui consisterait à espérer obtenir de Dieu une nourriture terrestre. « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » Mt 4.4.

Le premier sens possible à cette demande pourrait tout simplement être du pain qui soit au-dessus de la substance matérielle, autrement dit du pain spirituel. C’est ainsi que nous pouvons demander à Dieu qu’il nous donne chaque jour sa force, sa joie, sa paix ou qu’il nous nourrisse de tous les fruits de l’Esprit. C’est ainsi, par exemple, que le Christ dit, en Jn 4 :32 après son entretien avec la Samaritaine : «   j’ai une nourriture que vous ne connaissez pas » quand les disciples veulent lui faire manger du pain bien concret. « Et ce pain, dit-il, c’est de faire la volonté de Dieu qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre ».

Le second sens envisageable prend sa source dans l’étymologie des mots des textes anciens qui évoquent cette notion d’un pain spirituel au quotidien. On peut ainsi concevoir ce pain comme un accès au paradis, mais pas comme une finalité, un à venir, plus tard, un jour ; plutôt comme un cheminement : chaque jour serait une marche qui nous élèverait en nous donnant les prémisses de l’Esprit (comme le dit Paul en Ro 8 :23) qui nous aident à vivre et qui sont notre nourriture pour nous aider à vivre et à grandir.

Enfin, pour le troisième sens on ne peut ignorer le message de Jésus lui-même. « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » Jn 6 :51. En fait nous demanderions à Dieu de nous nourrir chaque jour de la présence de Jésus, de son amour et de tout ce qu’il a été pour nous. Grâce à Jésus, nous savons que Dieu nous aime, qu’il nous entoure de sa tendresse et de sa compréhension. Cette présence bienveillante et vivifiante de Dieu est vraiment pour nous une nourriture, une force, un viatique !

Quelques informations pour conclure en ces fêtes de Noël 2018. Bethléem en hébreu signifie : la maison du pain ! Quant à la crèche, elle signifie une mangeoire. Etranges révélations qui confirment que Noël est présent à tous moments de nos existences et plus précisément au moment de prononcer le « Notre Père ».

Alain GILLES