Edito de mars 2019

Lorsque le Seigneur le vit faire ce dĂ©tour, il l’appela du milieu du buisson : « MoĂŻse, MoĂŻse ! » — « Oui ? » rĂ©pondit-il. (Exode 3, 4)

 

Vous vous souvenez sĂ»rement de l’histoire de MoĂŻse, sa place dans la maison de Pharaon, le meurtre d’un Egyptien qui l’a fait fuir d’Egypte pour se rendre chez Jethro qui deviendra son beau-pĂšre, auprĂšs duquel il sera berger. Cette histoire peut nous parler encore aujourd’hui :

AprĂšs ce meurtre, MoĂŻse est convaincu d’ĂȘtre un homme fini, rejetĂ©, sans avenir possible auprĂšs des siens. TalonnĂ© par la peur, il fuit son passĂ©. Croit-il encore en lui ? Croit-il encore en Dieu ? Ose-t-il seulement s’adresser à lui, lui qui a une conscience chargĂ©e de culpabilitĂ© ?

La vie ne nous a pas conduits à ces extrĂȘmes mais ces questions, ces expĂ©riences de vie gĂąchĂ©e, de culpabilitĂ© et d’échec, de manque de confiance et d’estime en soi, ne nous sont peut-ĂȘtre pas tout Ă  fait Ă©trangĂšres. Mais comme MoĂŻse en a fait l’expĂ©rience, nous pouvons nous aussi ĂȘtre assurĂ©s de la prĂ©sence de Dieu Ă  nos cĂŽtĂ©s.

Dieu nous fait confiance il nous estime, bien plus que nous ne nous faisons confiance ou que nous ne nous estimons nous-mĂȘmes. MalgrĂ© les “casseroles” que nous traĂźnons derriĂšre nous, Dieu ne nous rejette pas.

Il nous encourage Ă  affronter nos peurs pour les vaincre au lieu de les fuir. Il nous assure de son compagnonnage et de sa prĂ©sence fidĂšle. Il nous rejoint prĂ©cisĂ©ment lĂ  oĂč nous aurions tendance Ă  le fuir, Ă  fuir les autres, Ă  fuir notre vie.

Le « buisson ardent » au travers duquel Dieu vient Ă  notre rencontre pour nous parler aujourd’hui se manifestera peut-ĂȘtre au travers d’une parole qui nous rĂ©vĂšle Ă  nous-mĂȘmes, nous redonne confiance et courage, contribue Ă  avoir de nouveau de l’estime pour nous-mĂȘmes, nous aide Ă  aller de l’avant. Peut-ĂȘtre au travers d’une rencontre lumineuse qui nous booste, nous redonne le courage et l’envie. Ou encore grĂące Ă  une rĂ©conciliation inespĂ©rĂ©e. Et pourquoi pas au travers d’une personne qui nous soutient lĂ  oĂč nous ne nous sentons pas Ă  la hauteur, qui pallie nos manques par ses dons.

Nous n’aurons peut-ĂȘtre pas, comme MoĂŻse, un buisson ardent, un Ă©vĂšnement extraordinaire pour nous dire la prĂ©sence de Dieu ! Alors, je nous souhaite que nous puissions aussi remarquer la prĂ©sence de Dieu à nos cĂŽtĂ©s dans les rencontres et les Ă©vĂšnements ordinaires de la vie.

Pasteur Isabelle Hervé