C’est notre histoire

Avec la démolition du premier temple réformé de Champigny c’est un puissant repère de nos vies qui semble disparaître – baptêmes, confirmations, mariages, obsèques, et tous les autres moments forts partagés. Et pourtant. I y a un temps pour tout, nous dit le livre de l’Ecclésiaste. Un temps pour se réjouir de sa construction… et de sa prochaine reconstruction, de toutes les occasions de rencontre qu’il a été et qu’il demeure capable de susciter !

Réjouissons-nous avec quelques témoins de son histoire.

C’est notre histoire.

Notre arbre généalogique nous rattache à l’église Sainte Marie (aujourd’hui paroisse du Marais) lorsque Napoléon 1er décide en 1802 d’affecter cet édifice au culte protestant. Avec l’augmentation de la population parisienne et le mouvement du Réveil, Sainte Marie engendre Charenton (1889) qui engendre Vincennes qui engendre St Maur (1908) ; ces deux églises génèrent à leur tour en 1947 une mission sur Champigny, en nommant M. Tourlonias colporteur biblique. A son départ en 1948, il y a déjà une centaine de familles regroupées sur ce territoire. Il est grand temps de trouver un terrain pour y construire un temple. Il faudra toutefois attendre 1955 pour qu’un site définitif soit trouvé.

4 Février 1956 une SCI dite du “Champ de l’Alouette” est créée entre l’Eglise réformée évangélique de St Maur-Champigny et Monsieur Henri NUSSLÉ. Elle permet en novembre de la même année d’acquérir auprès de la SNCF « un terrain de forme irrégulière » de 3 846,70 m2, pour 4 millions de francs. M. NUSSLÉ et l’ERF s’attribuent chacun un nombre égal de parts (200). La partie de terrain située en fond de parcelle est attribuée à M. NUSSLÉ, celle située en façade de la rue Jean Jaurès est dévolue à l’ERF qui y fait construire aussitôt le temple (1957-58) puis ses annexes (1963-64). Le temple est inauguré en grande pompe le 5 octobre 1958. (photo : on reconnaîtra en tête Claude Bruley, puis Etienne Vezian, Louis Deplano, côte à côte les pasteurs Robert Joseph, René Pfender).

En 1965, le pasteur Caux, second pasteur de St Maur spécialement chargé de Champigny, convainc ses collègues du CP qu’il est temps pour Champigny alors en constante progression de devenir une paroisse autonome. C’est chose faite en 1966 (statuts publiés au J.O. le 30.03.1968). L’année suivante Henri NUSSLÉ fait don de ses parts et de sa parcelle du terrain à la paroisse de St Maur-Champigny dont la valeur est estimée à 120 000 F. C’est seulement en 2005 que St Maur se détache définitivement en faisant donation du terrain et des locaux de Champigny (évalués à 400 000 euros) à l’ACIRP (Association cultuelle immobilière de la région parisienne), celle-ci ayant faculté de « mettre les dits biens à disposition gratuite d’associations cultuelles de l’ERF. »

En mars 2016, une nouvelle ère de notre histoire s’ouvre : première étape dans le processus de démolition du temple, la Société du Grand Paris fait abattre toute la rangée de sycomores qui avaient été offerts par Louis Deplano. (photo des sycomores) Discrètement mais avec pugnacité, le président de notre CP, Bernard Raynaud, a défendu l’existence de notre paroisse menacée de disparition à cet emplacement devenu stratégique (au pied de la ligne 15 du métro express) et réussi à la sauver de la voracité des promoteurs immobiliers. Bientôt un nouveau temple, tout neuf, nous accueillera 13 rue Jean Jaurès. Merci Bernard. Grâce à toi notre histoire continue.

« La foi c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas. » (He 11,1)

D’après les archives de St Maur-Champigny pour la partie historique

Reste à sauver des décombres du chantier la croix du clocher offerte par Mme Boutelhier.