Edito d’avril 2020

Verrouillé ou ressuscité ?

C’est étonnant comme on peut se ressentir vivant et cela dans une situation visiblement sans issue.

C’est déroutant comme à travers la mort, un message de résurrection peut à nouveau résonner. C’est bouleversant, comme une rencontre, des rencontres, peuvent changer la vie, là où je n’attends plus rien. La résurrection, ne serait-ce pas cette page blanche dans un livre qui reste à écrire ? Ne serait-ce pas l’ouverture, l’espace entre les mots, le tombeau vide qui nous remet en mouvement ?

Verrouillé …

Je m’entends dire : « il faut tenir bon, ne pas baisser les bras, serrer les dents »… Je me surprends à tout verrouiller autour de moi et tout cela pour préserver, figer le petit équilibre que j’ai trouvé. Je me sens moi-même figée dans l’impasse, l’échec… Il faut survivre, c’est ainsi… la vie continue… Et si ressusciter était le contraire de vouloir survivre ? Survivre ? N’est-ce pas se retrouver enfermé ? N’est-ce pas vouloir maîtriser ce qui me reste,

Verrouillé …

Il y a presque 2000 ans,

« Les disciples étaient réunis dans une maison. Ils en avaient fermé les portes à clef… » (Jean 20,19)

Ils ont eu peur ils ont été comme mort malgré le passage à la résurrection. La peur et le deuil les bloquent derrière les portes verrouillées, au milieu de murs bien fermés bâtis autour d’eux. Il faut survivre.

Verrouillé ou ressuscité ?

« Jésus vint et, debout au milieu d’eux, il leur dit : la paix soit avec vous ! » (Jean 20,19)

« La paix soit avec vous » dit Celui qui est debout au milieu de ma vie mise à plat.

Quelqu’un me rejoint à travers mes murs, malgré mes verrous bien placés. Quelqu’un vient à ma rencontre. Des portes et des verrous s’ouvrent alors malgré moi, précisément lorsque j’accepte de lâcher-prise. Lorsque j’accepte d’oser la vie plutôt que de survivre.

« La vie vous attend dehors » ne cesse de nous dire le Christ ressuscité

Pasteur Isabelle Hervé