La Pré-Réforme (1) par Isabelle Hervé. Conférence du 29 septembre 2016

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Pour les lecteurs de L’essen’Ciel, voici un condensé de la conférence donnée au temple par le pasteur Hervé jeudi 29 septembre. La suite sera publiée dans les prochains numéros. Les participants étaient nombreux ce jour-là à venir de toutes les paroisses du Consistoire. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. (NDLR)

En religion, une réforme est un mouvement intellectuel qui prétend moderniser des doctrines religieuses et/ou revenir aux origines de l’Eglise en espérant y retrouver ce qu’elle était à l’origine.

Il ne faudrait pas penser que la Réforme a été le seul mouvement de rénovation de l’église catholique. Depuis les origines du christianisme, des hommes ont voulu transformer l’Église de l’intérieur avec souci de censurer les erreurs de l’église catholique de Rome ainsi que de lutter contre la corruption de l’Eglise.

Durant les quatre siècles qui précèdent la Réforme, on ne pouvait être chrétien qu’en se soumettant à l’Église qui ne tolérait aucune pensée personnelle ni surtout aucune déviance.

Tout est greffé sur l’Église, politiquement, socialement et culturellement.

Même l’art à cette époque, est conforme aux dogmes de l’Église.

Rappel historique

La fin du moyen âge : L’imprimerie

La mise au point de l’imprimerie typographique a un impact considérable sur la diffusion des idées : c’est elle qui rend possible la diffusion rapide de la Réforme.

Johannes Gutenberg (vers 1400-1468), imprimeur allemand, a rendu facilement exploitable l’ensemble d’un procédé de composition typographique :

  • des caractères mobiles et résistants à la fois,
  • la composition du texte,
  • des presses à bras.

Gutenberg réalise la première impression de la Bible en latin à Mayence vers 1455.

L’invention est très vite mise en application, d’abord en Allemagne puis dans toute l’Europe : à la fin du XVème siècle, on a imprimé environ 25 000 titres, ce qui, avec des tirages à 500 exemplaires, correspond à douze millions de livres.

Les livres imprimés sont beaucoup moins coûteux que les manuscrits. Les prix baissent.

Au début de l’imprimerie, moins de 10% de la population sait lire.

L’apprentissage de la lecture est stimulé par la diffusion des livres et par les mouvements réformateurs.

L’imprimerie contribue à fixer les textes et permet de répandre les idées, notamment celles des humanistes, puis celles de la Réforme.

La Bible peut être lue et comprise grâce à sa traduction complète en allemand, en français et en anglais.

Renaissance et Humanismeen Europe (XVème, XVIème siècles)

A la fin de la Guerre de Cent ans (1453), l’Europe connaît un moment d’apaisement : il y a moins d’épidémies et moins de conflits ; la croissance démographique reprend ; les villes se développent ; les relations commerciales se multiplient. C’est dans ce temps favorable – désigné par la suite comme celui de la Renaissance – que se développe le mouvement humaniste.

L’humanisme se caractérise par une grande créativité et effervescence dans le monde des arts et des lettres, par le développement de connaissances scientifiques, par une approche renouvelée des textes de l’antiquité gréco-latine, ainsi que par des réflexions approfondies sur l’art de gouverner ou sur ce qui permet une éducation moderne et ouverte.

La découverte de l’imprimerie (en 1450) a facilité le rayonnement des écrits humanistes.

L’humanisme favorise le développement de la Réforme. L’audace de Luther et le rayonnement de la Réforme qu’il engage au sein de l’Église se conçoivent difficilement sans l’environnement humaniste et les horizons auxquels il rend sensible. D’une manière générale, les traductions de la Bible en langues vernaculaires – allemand, français, anglais – d’après les textes originaux n’ont été possibles que grâce aux travaux humanistes déjà réalisés sur ces textes. Ces traductions ont elles-mêmes permis d’élargir l’accès direct aux textes bibliques. (à suivre)

Isabelle HERVÉ

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