Le Notre Père, un modèle de prière (7)

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Notre Père qui es aux cieux

… sur la terre comme au ciel…

 On pourrait penser que l’importance de ces 6 mots est relativement secondaire, en comparaison avec les demandes qui précèdent ou vont succéder. En fait ces quelques mots constituent un lien ou plutôt un pont entre les demandes relatives à Dieu et les demandes relatives aux hommes. Un pont qui relierait Dieu aux hommes ne peut pas être négligeable. En effet, dans d’autres circonstances un pont facilite la circulation, il est indispensable au développement d’une région, il est attendu et lorsqu’il est détruit c’est l’effroi ! Effroi de part et d’autre des deux rives, comme si la rupture du pont provoquait l’isolement. Mais peut-on penser que Dieu soit isolé ? Pour ma part cette rivière qui, sans pont, constitue un barrage entre Dieu et les hommes peut être surmontée par l’emploi d’un bateau. Ce bateau restitue la relation, mais celle-ci est plus complexe, plus dangereuse. Ce constat m’invite à me retourner vers Jésus Christ et sa mission divine de « facilitateur ». Ainsi celui qui fut haï et condamné par les prêtres du Temple de Salomon, sortes de bateaux spirituels, apparaît bien comme celui qui relie les hommes avec Dieu dans une relation directe et autonome. J’aime à penser que, par ces quelques mots, Christ introduit dans la prière universelle son propre rôle entre nous et Dieu.

Enfin comment interpréter l’ordre des mots : « sur la terre comme au ciel » ? Logique diront les uns, il s’agit bien d’une prière des hommes adressée à Dieu. Une fois de plus, Dieu nous fait passer devant comme un père qui inviterait ses enfants à le précéder ; afin qu’ils développent leur confiance en eux, diront les autres. La terre et le ciel sont le reflet de l’universalité de Dieu, pourra-t-on entendre par ailleurs. Et pourtant la toute première phrase de notre prière est « Notre Père qui es aux cieux » ; équivalence entre la terre et le ciel ou élévation ? Six petits mots pour tant de questions !

Alain GILLES