Que sait-on de Dieu ?

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Psaume 121 et Matthieu 6 ; v. 9 à 13

Pasteur Isabelle HERVÉ

Que sait-on de Dieu ?

Nous, nous faisons confiance en Jésus-Christ pour avancer dans cette question. Nous avons beaucoup appris sur cette question en regardant vivre Jésus-Christ. On sait maintenant que Dieu est bienveillant parce que Jésus l’était et qu’il ne rejetait personne. On sait qu’aux yeux de Dieu nous valons plus que tout parce que Jésus s’est donné entièrement pour nous sauver… Mais ce qui est curieux, c’est que Jésus ne nous dit pas tellement qui est Dieu. Il nous le laisse toujours deviner à travers ces petites histoires qu’il raconte, en cherchant ce que le berger, ou le roi, ou le semeur de l’histoire nous apprend sur Dieu.

Il y a quand même un passage où Jésus nous parle de Dieu. Il nous en parle à peine, c’est vrai, il dit exactement 2 mots, dans lequel Jésus met l’essentiel de ce que nous devons connaître. Ces mots vous les connaissez tous, ils sont au début de cette prière que nous appelons le Notre Père. Jésus n’a besoin que de 2 mots pour nous dire qui est Dieu : notre Père qui es aux cieux. Vous qui êtes aussi forts en math qu’en français, vous comptez les mots : notre, Père, qui, es, aux, cieux = ça fait 6 mots en français, mais en hébreu, cela n’en fait que deux : Abinou Chèbachamaïm. Notre Père qui es aux cieux, la première chose que l’on remarque c’est que cette phrase est une prière. Finalement, c’est ce que je dirais à quelqu’un qui ne sait absolument rien sur Dieu : c’est d’essayer de le prier, d’essayer de s’adresser à lui avant même de savoir qui il est vraiment. Dieu est quelqu’un avec qui l’on peut parler, c’est le premier point important.

La prière que Jésus nous propose commence par 3 demandes concernant Dieu, avant de penser ensuite un peu à nous. Et Jésus insiste pour dire que ce n’est pas la peine de demander à Dieu qu’il nous donne toutes sortes de cadeaux, parce que Dieu sait très bien ce dont nous avons besoin. Il y a une chose que l’on peut déduire de ces paroles de Jésus, c’est que Dieu n’est pas le Père Noël. Ne rigolez pas, cela peut paraître évident, mais tous, vous comme moi, nous avons sans arrêt envie de demander à Dieu : fais-moi ceci, donne-moi cela, aide untel, nourris les affamés, guéris les malades. Dieu n’est pas le Père Noël, nous dit Jésus, c’est un deuxième point important à noter.

Mais qui donc est Dieu ? Prions et demandons-le-lui, comme quand nous cherchons à connaître quelqu’un qui ne nous veut que du bien. Cherchons à connaître ce qu’il aime, cherchons quelle est sa volonté plutôt que de toujours vouloir lui imposer la nôtre. Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! Quelle est sa volonté ? C’est de nous donner la vie comme nous allons le voir. Le premier mot que Jésus nous dit de Dieu c’est qu’il est Abinou : “ notre-Père ” et il nous propose de nous en rendre compte par nous-mêmes dans la prière. Qu’est-ce que cela veut dire ? Il faut imaginer ce que serait un Père parfait, celui que nous aimerions être.

–           Le Père c’est d’abord celui qui nous donne la vie, avec la mère, bien sûr, et en ce sens, Dieu qui est à l’origine de la vie est à la fois notre Père et notre Mère.

–           Il nous a donné la vie à l’origine, mais il a encore plus à nous donner,

–           il fait naître et grandir en nous une vie digne de lui, une vie si vivante que rien ne peut la tuer.

–           Le Père donne la vie, mais c’est aussi, ou plutôt c’était (à l’époque de Jésus) le chef de famille,

–           quelqu’un que l’on écoute, que l’on respecte.

–           Mais le Père, c’est surtout celui qui aime son enfant et qui le prépare à prendre sa succession.

–           C’est ce que fait Dieu, il nous forme au travail de créateur de ce qui est bien.

Dieu est un Père, nous dit Jésus, un Père qui nous a donné la vie, et qui nous donne une vie nouvelle, un Père qui nous montre le chemin, et il est le Père qui nous aime et qui nous associe à son travail.

Mais dans cette prière, Jésus ne nous dit pas d’appeler Dieu “Père”, mais il nous apprend à dire “Notre Père”, Abinou, “ Père-de-nous-tous”. En priant Dieu comme nous l’apprend Jésus, il y a bien des chances que nous découvrions que les autres humains sont nos frères et sœurs, tous, sans condition, parce que nous avons le même Père. Rien ne rapproche plus des autres que de prier Dieu, le Père.

L’auteur du Psaume 121 fait la même expérience. Sentant qu’il est vraiment porté par Dieu, il chante d’abord sa louange à Dieu, puis, dans le même souffle, il nous dit : ce Dieu-là qui est mon secours, il est aussi ton secours et il te portera, il te gardera pour toujours dans son amour. Abinou : Père de nous-tous-ensemble. Dieu nous donne la vie, il est le Père de chaque individu, il est aussi le Père du nous, le Père de l’humanité en tant que corps. Dieu a envoyé Jésus-Christ pour créer une véritable humanité, une humanité qui s’entende et qui travaille ensemble, une humanité qui souffre quand un seul de ses membres souffre et qui se réjouit du bonheur des autres.

Dieu est ” Notre Père “, c’est le premier mot de Jésus sur Dieu, voici le second : ce Père, nous dit Jésus, il est “Celui-dans-les-cieux ”, Il est le seul être de son espèce, il est au ciel, au-dessus de tout ce qui existe.

Bien sûr, c’est une façon de parler pour dire que Dieu est invisible comme l’air, mais partout présent. C’est une image pour dire que Dieu est infiniment proche jusqu’à nous toucher et entrer dans nos poumons, mais qu’il est infiniment au-dessus de nous comme l’espace infini est au-dessus de la terre. Je crois que Jésus a senti le danger de se contenter de son premier mot “Notre Père” pour dire qui est Dieu. Ce mot nous dit que Dieu est comme quelqu’un que l’on connaît très bien, que l’on tutoie, à qui l’on peut tout dire. Le danger, c’est de le confondre avec un copain. Si nous avons 4 personnes qui nous sont très proches, de vrais amis, Dieu n’est pas un 5e ami, il n’est même pas la première des 5 personnes qui nous sont les plus proches. Dieu est à part. Comment expliquer ce que cela veut dire sans utiliser un langage très philosophique ?

Avec des images, comme Jésus. Dieu est au ciel nous dit-il. Il est comme l’air qui, remplissant nos poumons, nous donne la force de vivre et d’avancer. De même, notre relation avec Dieu donne vie et nourrit toutes nos autres relations. C’est pourquoi Dieu est à part, il est la vie qui est source de toute vie, il est l’amour qui est à l’origine de la capacité même d’aimer. Nos amis n’ont pas à être jaloux de Dieu, puisque c’est grâce à lui que nous pouvons un peu nous aimer. Dieu est au ciel, nous dit Jésus. Cela veut dire qu’il n’existe pas de la même façon que le reste des choses ou des êtres. Nous, nous existons, nous avons un corps, on peut nous peser, nous mesurer, nous voir. Dieu, lui, est au ciel, il existe différemment. Il n’existe pas comme une chaise existe, par exemple. Par rapport à une chaise Dieu existe plutôt comme le menuisier qui a fait la chaise, ou plus exactement Dieu existe comme existe l’intention de créer une chaise, comme l’habileté nécessaire pour créer une chaise existe. Dieu existe différemment, mais il existe certainement, il existe comme une intention, une habileté, un élan de création qui traverse tout l’univers et nous-mêmes. Il existe comme Père qui est dans les cieux, comme origine de toute possibilité d’exister et de grandir, il existe comme l’amour existe, comme existe cet étrange désir que nous avons de rendre les autres heureux. Dieu a une autre façon d’exister. Ce Dieu nous pouvons le prier et chercher à mieux le connaître. Nous découvrirons que Jésus a dit vrai : c’est possible et il nous donne la vie. Dieu n’est pas le Père Noël, il est infiniment mieux que ça. Il est le Père que nous chantons à Noël parce que le Christ nous a montré qui il est, il nous a appris à le prier comme un Père qui nous aime, un Père qui existe plus que tout ce qui existe, un Père qui nous donne la vie éternelle en cadeau.

Notre Père qui es au cieux, que ton nom soit sanctifié. Amen

Pasteur Isabelle HERVÉ